La Sagesse d’Agur

D’après Proverbes 30.11/31

Il est un peuple qui maudit
Son père, l’auteur de sa vie.
Il est un autre qui médit
De sa pauvre mère asservie.

Telle autre race se croit pure
Et n’est point lavée de souillures.
Il est un peuple aux yeux hautains,
Regards chargés de lourd dédain.

D’autres, dont les dents acérées,
Tranchantes comme des poignards,
Dévorent la chair déchirée
Des indigents et des vieillards.

L’avide sangsue a deux filles :
Donne ! je n’ai jamais assez ;
Donne ! j’ai soif, je prends, je pille ;
Je n’ai rien à offrir. Passez !

Il en est quatre qui, comme elle,
Ne vont jamais à satiété :
Le Shéol, des morts fréquenté,
La femme stérile et fidèle,

La terre sèche et crevassée,
La flamme toujours affamée,
Le fils moqueur, récalcitrant ;
Les noirs corbeaux, ceux du torrent,
Son corps pendu dévoreront,
Les aiglons s’en rassasieront.

Trois autres choses me dépassent,
Quatre dont ma raison se lasse :
La voie de l’aigle dans les cieux
Et celle du serpent vicieux,
Du navire au milieu de l’onde
Et de l’homme chez la féconde.

Ainsi va la femme adultère,
Elle mange à son gré, fière,
Se repaît comme un animal
Et se dit : « Qu’ai-je fait de mal ? »

Trois choses font trembler le monde,
Il en est quatre plus qu’immondes :
L’esclave hissé à royauté,
Le fou repu de volupté,

Une femme répudiée,
Malgré sa honte mariée ;
Une servante, quel outrage !
De la reine ayant l’héritage.

Il est quatre animaux petits
Et pourtant sages : les fourmis,
Peuple faible et plein de courage,
Pourvoient seules à l’hivernage.

Les damans, peuple sans puissance
Dans le roc ont leur résidence.
Les sauteuses n’ont pas de roi,
Vont en armes sous leur pavois.

Le lézard qu’on prend dans la main
Dans les palais fait son chemin.
Trois ont une belle figure
Et quatre ont une noble allure :

Le lion, ce héros vaillant
Triomphe de tout assaillant,
Le cheval prêt à guerroyer,
Le roi que nul ne fait ployer.[1]

Le Rieu de Condé, le 23 août 2016


[1] L’absence de rime féminine dans cette strophe compense l’absence de masculine dans la dixième. Le contexte peut justifier cette irrégularité.

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© 2021 Lilianof

Publié par Lilianof

J’avais quatorze ans lorsque m’est venu le désir de devenir écrivain. Mais après l’adolescence, j’ai décidé de ne plus écrire. Ce n’est qu’après trente ans de silence que m’est venue l’idée d’une très courte comédie : « Un drôle d’héritage ». C’était reparti ! Après avoir été facteur dans l’Eure-et-Loir, je suis installé, depuis 2013, à Vieux-Condé, où je retrouve mes racines, étant petit-fils de mineur. La Bible et Molière sont mes livres de chevet.

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