Darius – Acte IV

ACTE IV

Décor de l’Acte premier.

Scène Première

DANIEL
Ce palais perse vaut celui de Babylone :
Chacun s’y émerveille ici mieux que personne,
Courtisans sans pareils, enflés de vanité,
Un roi n’aspirant point à la divinité ;
D’un fleuve à l’autre fleuve les humains sont semblables,
Les nantis s’élevant dessus les misérables,
Satrapes égoïstes, pairs avides d’honneurs.
Et penser que ce roi me compte l’un des leurs !
Perses autant que ceux de Mésopotamie
Ont de la sympathie pour ma physionomie.
Ils aiment la sagesse que m’accorda mon Dieu
Depuis l’adolescence. Maintenant, je suis vieux.
Au service des princes, toujours il se révèle,
Autant pour Beltschatsar, ce monarque rebelle,
Autant pour Darius qui cherche le savoir ;
Pourtant je n’aime point l’honneur ni le pouvoir.
J’aurais pu me passer de cette récompense :
Parmi cent vingt satrapes aux larges compétences,
Il en a choisi trois qu’il juge les meilleurs.
Je suis de la partie…

                                Vision de terreur !
Que veut dire ceci ? L’Éternel m’épouvante !
Quatre vents soulevant des bêtes effrayantes ;
Quatre monstres géants jaillissant de la mer !
D’où vient cette vision, du ciel ou de l’enfer ?
Qui donc me soutiendra dans cette angoisse extrême ?
Qui me l’expliquera, Seigneur, qui donc ?
(Gabriel apparaît.)

Scène II

DANIEL – GABRIEL

GABRIEL
                                                             Moi-même.

DANIEL
Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

GABRIEL
                                        Mon nom est Gabriel.
Venu pour t’éclairer, je viens de l’Éternel
Et je vais à l’instant répondre à ta prière.

DANIEL
Tu viens fort à propos m’apporter ta lumière !

GABRIEL
Qu’a vu mon serviteur qui l’a tant effrayé ?

DANIEL
Je vis d’abord un lion, prédateur meurtrier,
Ailé tout comme l’aigle, à la force élevée,
Ses ailes en plein vol lui furent enlevées,
Il devint un pauvre homme avec un cœur humain.
Puis j’aperçus un ours au milieu du chemin,
D’os, de graisse et de sang avait la gueule pleine,
Les griffes acérées, les yeux brillant de haine.
« Lève-toi ! lui dit-on, mange beaucoup de chair ! »
Le troisième d’un grand léopard avait l’air,
Avec deux paires d’ailes, il avait quatre têtes.
J’ai perdu mon courage en voyant cette bête
Mais mon cœur fut frappé d’un effroi sans égal
Quand je vis s’élever le dernier animal.
Qui pourrait égaler sa stature et sa force,
L’implacable puissance des membres et du torse ?
Avec ses dents de fer il mangeait, il brisait,
De ses pieds, toute chair, implacable, il foulait.
Sur son front se dressaient dix cornes arrogantes,
Comme un regard humain de flammes pénétrantes.
Ses cornes se brisaient, une autre se formait.
Ce songe épouvantable… Me dira-t-on jamais…

GABRIEL
Ces quatre créatures s’élèvent de la terre,
Seigneurs ambitieux, rois maudits et prospères,
Mais le pouvoir divin, le royaume éternel
Apparaît aux servants du Prince Emmanuel.
Le lion, c’est Babylone. Viendront d’autres puissances,
Darius, Alexandre, voyez leur impudence !
Mais le dernier Tyran, prince des derniers temps,
De tous les rois anciens sera fort différent.
Dix cornes sont dix rois, monarques implacables.
Un autre sortira, despote impitoyable.
Contre le Dieu Très-Haut ce roi blasphèmera,
Pourchassera les saints, il les opprimera,
Pendant plus de trois ans leur livrera la guerre,
Asséchera les mers, embrasera la terre,
Conduira du Dieu saint les servants vers la mort
Et sur l’autel sacré sacrifiera des porcs.
Puis viendra le vrai roi, le Seigneur, le Messie,
Viendra le Christ enfin, l’objet des prophéties.
Il jugera la terre, il jugera le ciel :
Aux fidèles brebis le séjour éternel,
Aux boucs, du Tout-Puissant l’indomptable colère,
Aux démons un étang de souffre pour salaire ;
Au Christ, et pour toujours, la domination
Sera sur toute langue et toute nation.
(Gabriel disparaît)

DANIEL
Ô quelle émotion ! Quel trouble en mes pensées !
Tout paraît si brutal, si fantasque, insensé…
Cet ange m’a parlé, je garde dans mon cœur
Cet oracle annoncé du Maître créateur.
(Entrent Darius, Tholas et Kophas.)

Scène III

DANIEL – DARIUS – THOLAS – KOPHAS

DARIUS
N’êtes-vous point satrapes, au plus haut dignitaires ?
Au moins justifiez devant moi vos salaires.
Ne vous avais-je point élevés tous les trois
Juste au-dessous des dieux, presque au-dessus du roi ?
Vous coûtez au bas mot six talents chaque lune
Et vos émoluments valent une fortune.
Quelle est l’utilité de ce triumvirat
Si la moindre question vous met en embarras ?
J’attends votre soutien sur le plan militaire :
Est-ce une année de paix ou ferons-nous la guerre ?

THOLAS
C’est du nord que viendra l’ennemi principal.
Les augures l’ont dit : prenez garde à Tubal.
Ainsi l’ont annoncé les fidèles oracles :
Franchissant le Caucase, ce dérisoire obstacle,
Peuples venus du froid, barbares sans merci,
Sanguinaires ardeurs, vous les verrez ici,
Foulant de leurs chevaux campagnes et villages,
D’Ecbatane brûlant les palais avec rage,
Piétinant nos enfants, nos femmes, nos vieillards,
Fichant leurs javelots dans le dos des fuyards.
Faisant front devers eux, que l’armée tout entière
Jusqu’au moindre soldat protège nos frontières.
Mon collègue Kophas vous le confirmera.
Contre ces mécréants nous armerons nos bras.

KOPHAS
L’ennemi vient du nord ! Quel étrange délire !
Dans le foie des taureaux ne savez-vous pas lire ?
Vos oracles ont-ils de la poix dans les yeux
Qu’ils ne comprennent point le message des dieux ?
Le péril imminent nous vient de l’Arabie,
Les peuples du désert ont leurs forces unies.
Du sud, assurément, l’on veut nous attaquer :
Cent galères, au loin, prêtes à débarquer ;
De rapides brigands formés à la rapine ;
Nos fantassins devraient apprendre la marine.
Arabes, Éthiopiens contre nous sont ligués ;
Nos soudards sauront-ils combattre et naviguer ?

DARIUS
Dissonance orchestrée, pénible tintamarre !
Vous devriez tous deux accorder vos guitares.
Je suis environné de fâcheux conseillers
Et ne saurai jamais à quel dieu me vouer !
Qu’en pense Beltschatsar qui reste sans rien dire ?
Que préconisez-vous pour sauver cet empire ?
Celui que vous nommez le seul Dieu, l’Éternel
Vous a-t-il éclairé par un songe, Daniel ?

DANIEL
Sire, ses visions sont souvent difficiles.
Lorsqu’il confie ses plans à l’esclave docile,
Ton serviteur reçoit son oracle en tremblant.
J’y vois se déchirer des monstres violents :
Ce sont rois furieux qui gouvernent le monde.
Le tonnerre, déjà, de sa vengeance gronde.
Jouis de ton repos, ne sois pas effrayé.
Le divin protecteur ne t’a pas oublié.
Des voisins ennemis ne crains point les menaces ;
Tes barbares rivaux tremblent devant ta face.
Aux princes et puissants tu imposes ta loi.
Hélas ! Les prochains rois seront moins forts que toi.
Prépare ton armée pour les années futures :
En un rêve j’ai vu leurs brillantes armures ;
Hardis navigateurs, les voiles dans le vent
Ils franchissent l’Égée du pays de Javan.
Quel est ce conquérant ? Je prétends vous surprendre :
Un jeune aventurier, son nom est Alexandre ;
Prince de Macédoine, il n’a que vingt-six ans,
Marche jusqu’à l’Indus, on l’appelle « le Grand ».

DARIUS
Est-ce du Créateur que te vient ce message ?
Tu sais tout de ce roi, et son nom et son âge.

DANIEL
Sur les menus détails il ne lésine point,
Ses ordres sont précis qu’il adresse à son oint.

DARIUS
Vos dieux ne vous ont pas donné tant de sagesse.
Vous ont-ils averti que la lointaine Grèce
Porterait en son sein notre plus grand péril ?

KOPHAS
L’ennemi, c’est certain, nous descendra du Nil.
Quoi ? C’est un étranger qui voudrait nous apprendre…

DARIUS
Vos oracles confus je ne veux plus entendre.
L’esprit de Beltschatsar au vôtre est supérieur.
Il m’est plus précieux que vous deux.

THOLAS
                                                           Mais, Seigneur…

DARIUS
Point de discussion ! Votre défense est vaine.
Sur mes cent vingt satrapes il faut un capitaine.
Soyez-lui donc soumis, fidèles lieutenants.
Venez, Daniel, je dois vous parler maintenant.
(Sortent Darius et Daniel.)

Scène IV

THOLAS – KOPHAS

THOLAS
Rêvons-nous en plein jour ?

KOPHAS
                                           Cette affaire est trop forte !

THOLAS
Elle est forte, en effet ! Nous traiter de la sorte !

KOPHAS
Tant de mois, tant d’années passées à le servir !

THOLAS
Pour protéger l’empire se donner sans faiblir !

KOPHAS
Au plus beau des pays notre vie consacrée !

THOLAS
Passer dans nos bureaux nos jours et nos soirées
Pour offrir à ce peuple un avenir meilleur !

KOPHAS
Aux dilemmes du roi fidèles conseilleurs !

THOLAS
Sur l’autel de nos dieux payer des sacrifices !

KOPHAS
Et ce vil courtisan avec ses artifices
À nos barbes, du roi, s’empare des faveurs !

THOLAS
Où est passée la gloire ?

KOPHAS
                                      Qu’est devenu l’honneur ?

THOLAS
Un étranger !

KOPHAS
                     Un Juif !

THOLAS
                                   Il ravit notre place !

KOPHAS
Il ne craint point nos dieux, méprise notre race.

THOLAS
Que grillent ses entrailles dans les feux de l’enfer !

KOPHAS
Puissions-nous le noyer au profond de la mer
Une ancre de marin scellée à ses chevilles.

THOLAS
Noyons-le ! Brûlons-le ! Mort à ce triste drille !

KOPHAS
Il faut qu’il meure ! Allons ! Échauffons notre bras.
Si l’on n’en vient à bout, c’est lui qui nous tuera.
(Entre Laria.)

Scène V

THOLAS – KOPHAS – LARIA

LARIA
Qui parle d’attenter à vos augustes vies ?

KOPHAS
De ma tendre moitié voici l’effronterie !
Écoute-t-elle aux portes ?

LARIA
                                      Mes oreilles, chéri,
Traînaient-là par hasard ; aussi, mon cher mari,
Ont-elles ramassé vos dernières paroles.

KOPHAS
Ce ne sont que des mots, discussions frivoles.

LARIA
Je n’en suis convaincue, ne mentez pas ainsi.
Quel est votre tourment ? D’où vient votre souci ?

THOLAS
Daniel, aussi nommé Beltschatsar. Le confrère
Nous a damé le pion de façon cavalière ;
Favori de Darius, bientôt notre patron.

KOPHAS
De ce juif abhorré c’est le dernier affront.

LARIA
Voilà, mes deux brigands, ce qui vous met en peine !
Je viendrai bien à bout de cet énergumène.
Prend garde, homme debout, garde-toi de tomber.
Qui pourra redresser celui qui est courbé ?
Qui pourra relever l’homme mordant la terre ?

KOPHAS
Ces proverbes, ma mie, ne nous édifient guère.

LARIA
Rien n’est plus versatile, enfin, que la faveur :
Le roi chérit Daniel d’une telle ferveur
Mais qui sait si demain il ne tombe en disgrâce ?
Daniel, je vous le dis, rampera sur sa face.
Je saurai, dans son pain, glisser quelque poison.
Le maître et le servant en perdraient la raison.

KOPHAS
Le poison ? Quelle idée ! N’y songe plus, ma femme,
Pas plus que dans son ventre y plonger votre lame.
Par cet assassinat nous serions tous pendus
Pour le plus grand profit de cet individu.
Je veux finir ma vie dans mon salon, tranquille.

LARIA
Ne vous comportez pas en parfaits imbéciles !
Pour être saint Daniel un homme n’est pas moins.
Je l’anéantirai tendrement, sans témoin.
Quant à moi, je suis femme et j’entends, par mes charmes
Éperonner son cœur ; je n’ai point d’autres armes.
Alors, sournoisement, j’entraîne aux profondeurs
Son vaisseau naufragé, mon pouvoir est vainqueur.
Qui peut me résister ? J’en ai séduit tant d’autres !
Et le plus vertueux dans la fange se vautre.

THOLAS
Quoi ? Vous le séduiriez ? Daniel est un vieillard
Fatigué de la vie. En dépit de votre art
S’occupe-t-il encore de ces choses frivoles
Et serait encore prêt à telles cabrioles ?
D’ailleurs, votre jeunesse, dois-je le rappeler
A perdu son éclat s’il vous faut en parler
Et vos charmes d’antan, s’ils étaient efficaces…

LARIA
Diantre soit du goujat ! Voyez comme il me casse !

KOPHAS
Eh ! Vous l’avez vexée. Vous n’êtes qu’un butor.

LARIA
Vous me sous-estimez, croyez-moi, bien à tort.
Si la femme, ici-bas ; ne le peut point séduire
Je ne sois pas à court d’artifices pour nuire.
Croyez-vous qu’un satrape n’ait cure de l’argent ?
Politiciens perdus, je connais trop ces gens.
Qui de vous n’a jamais mis la main dans la caisse ?
Pas toi, Tholas ? Ni toi ?

THOLAS
                                     Souvent, je le confesse.

KOPHAS
Je le pratique aussi. Quoi de plus naturel ?
Une vieille habitude. Serait-il criminel
De ponctionner l’État ? Personne ne s’en prive
Et nul n’est offusqué de pareille dérive.

LARIA
Vous êtes innocents tant que l’on ne vous voit.

KOPHAS
Sans autorisation dans la bourse du roi
Chacun pioche à loisir. Qui veille sur nos comptes ?

LARIA
Rien n’est à votre honneur et tout à votre honte.
Ce Daniel, je le crois, ne vaut pas mieux que vous.
Ordonnez des contrôles, et pour le moindre sou
Qu’il aura dépensé exigez des factures.
Aux surveillants d’impôts qu’on le jette en pâture,
Et pour chaque denier qu’il aura détourné
Au séjour d’un cachot l’homme soit condamné.

KOPHAS
Croyez-vous, chère amie, que nos têtes soient vides ?
Avant toi nous avons ourdi ce plan perfide.
Il n’est point de satrape honnête et scrupuleux,
Enfin, plus tatillon que ce maudit Hébreu.
Le foin de ses chevaux, ses missions et ses courses,
Il n’est le moindre frais que ce gars ne rembourse.

LARIA
Hébreu ! Je l’oubliais ! Il n’a donc qu’un seul Dieu.
Plutôt que le trahir se livrerait au feu.
Nous le tenons !

KOPHAS
                         Comment ?

LARIA
                                        Faites-moi confiance.
Voici le roi qui vient. Vous, gardez le silence.
Je suis une rusée. Je sais manipuler
Ce monarque naïf. Laissez-moi lui parler.
(Entrent Darius et Dariana)

Scène VI

THOLAS – KOPHAS – LARIA – DARIUS – DARIANA

THOLAS
Daniel ne le suit pas ?

LARIA
                                   Qu’importe sa présence ?

DARIANA
Où donc est Beltschatsar, merveilleux puits de science ?

DARIUS
Je lui fis octroyer quatre jours de repos,
Il les a mérités ce vaillant, ce héros.

KOPHAS (à part)
Oh ! n’exagérons rien !

THOLAS
                                   Qu’en est-il de ce brave ?
Un obstacle, un briseur de carrière, une entrave !

LARIA
Taisez-vous !
(à Darius)
                    Ô Darius, ô noble Majesté,
Par ta magnificence et ta divinité…

DARIUS
Que voilà, chère dame, d’épaisses flatteries !
Divinité ! Voyons, quelle plaisanterie !
Pour grands que soient les rois ce sont des cœurs humains.
Les dieux sont immortels, je puis mourir demain.

DARIANA
Mon roi, mon cher mari, vous devez prendre garde,
De la flagornerie la trahison se farde.
Que veut la courtisane avec ses « royauté »
Et ses « divinité » ?

DARIUS
                            Un titre immérité.

LARIA
Sire, vous avez tort. Tous les grands de la terre
Ne sont en aucun cas des hommes ordinaires.
Pensez-vous qu’ils sauraient dignement gouverner
S’ils n’avaient le pouvoir divin pour discerner.
Ceux qui règnent longtemps sont les rois qu’on adore
Comme l’homme fait dieu, et même plus encore.
Dans nos temples les dieux ne savent s’exprimer ;
Indolentes statues, qui peut les animer ?
La Perse est un empire, pas une république,
La forte royauté ne peut être laïque.

DARIANA
Grand roi, n’écoutez point ses perfides raisons :
Au serpent le venin, au fourbe le poison.

KOPHAS
Le roi se pliera-t-il aux conseils de la reine ?

THOLAS
Elle ruine nos plans, cette triste sirène.

LARIA
Écoutez-moi, Seigneur, je dis la vérité ;
Je le dis par amour et par fraternité.
Voulez-vous qu’avant tout le peuple vous respecte,
Et de toute province et de tous les dialectes.
Qui sait si vos satrapes à l’abri des regards
N’unissent en secret leurs ignobles soudards,
Ourdissant maints complots, quelques dessins rebelles,
Infiltrant leurs espions dans votre citadelle.
Sur les marches du trône se presse le pendard
Et dans votre gras ventre enfonce son poignard.

DARIUS
Assassiner le roi ! Mais quelle étrange idée !

DARIANA
Où veut donc en venir cette dévergondée ?

LARIA
Un mortel serait-il le meurtrier d’un dieu ?
Lui lancer ce défi serait trop périlleux.
Qui donc voudrait tuer cette race immortelle ?
Eh bien ! Je vous apporte une grande nouvelle :
Vous êtes dès ce jour prince de droit divin
Comme sont tous les rois, en un mot comme en vingt.
Il est dit dans la loi, souverain vénérable
Que les décrets royaux sont tous irrévocables.

DARIUS
Oui, cela est écrit.

LARIA
                            Faut-il alors prouver
Que l’infini savoir au prince est réservé,
Que ses décisions en marbre sont gravées ?
Que Darius les proclame, elles sont achevées.
Ainsi, que n’en déplaise à Votre Majesté,
Votre statut divin devient réalité.

DARIANA
Courtisanes paroles, toutes enchanteresses !
Craignez, mon cher époux que l’orgueil ne vous presse
À faire une sottise.

LARIA
                             Le peuple doit savoir
Quel souverain vous êtes et c’est votre devoir
D’imposer au pays la vision nouvelle.

DARIANA
N’avez-vous, cher mari, plus rien dans la cervelle ?

LARIA
Décrétez sur-le-champ que pendant tout un mois
On ne puisse prier d’autre dieu que le roi.

www.lilianof.fr
https://lilianof.com
https://www.thebookedition.com/fr/765_lilianof
https://plumeschretiennes.com/author/lilianof
https://www.facebook.com/lilianof59/
https://vk.com/lilianof

© 2021 Lilianof

Publié par Lilianof

J’avais quatorze ans lorsque m’est venu le désir de devenir écrivain. Mais après l’adolescence, j’ai décidé de ne plus écrire. Ce n’est qu’après trente ans de silence que m’est venue l’idée d’une très courte comédie : « Un drôle d’héritage ». C’était reparti ! Après avoir été facteur dans l’Eure-et-Loir, je suis installé, depuis 2013, à Vieux-Condé, où je retrouve mes racines, étant petit-fils de mineur. La Bible et Molière sont mes livres de chevet.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :