Richesse des méchants, misère des justes

Il m’est arrivé, au cours de mon ministère, quoique « ministère », diront certains, soit un grand mot en ce qui me concerne, d’avoir affaire à des chrétiens découragés qui me disent :

« Enfin, je ne comprends pas, je fais tous mes efforts pour plaire au Seigneur, et il ne m’arrive que des bricoles, alors que je connais des tas de gens qui mènent une vie de patachon et qui nagent dans le bonheur. C’est à se demander dans quel camp est Dieu ! »

J’ai pu répondre à ces croyants tant soit peu révoltés :

Rassurez-vous, vous n’êtes pas le premier, ou le première, à rencontrer ce genre de problème. Je connais quelqu’un qui, lui aussi s’est plaint à Dieu de cette situation et a reçu la réponse divine, c’est Asaph, dans le Psaume 73, dont nous lirons d’abord les trois premiers versets :

Psaume d’Asaph. Oui, Dieu est bon pour Israël, Pour ceux qui ont le cœur pur. Toutefois, mon pied allait fléchir, Mes pas étaient sur le point de glisser ; car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants.

D’abord, au verset premier, il reconnaît que Dieu est bon et juste, et pourtant, au verset suivant, il se dit prêt à tout abandonner, malgré sa conviction de la justice de Dieu, lui, Asaph, le chef des chantres, conducteur de louange, comme on dirait aujourd’hui, se trouve sur le point de lâcher son Maître, et il explique pourquoi au verset 3 : il était envieux, voyant le triomphe des méchants, il est allé jusqu’à accuser le Seigneur d’injustice.

Ne vous êtes-vous jamais senti victime d’injustice ? Je me souviens, alors que j’étais écolier, qu’il se produisait souvent du chahut durant le cours. Au lieu de repérer et sanctionner les meneurs, l’institutrice trouvait plus facile de punir toute la classe. Moi, je n’étais pas un perturbateur, j’étais toujours très calme, mes camarades se moquaient de moi à cause de ma lenteur et m’avaient surnommé « le Mollusque ». Je ne faisais jamais de bruit. Et je me disais : « C’est injuste. Si je me conduis mal, je suis puni et si je me conduis bien, je suis puni aussi, alors, mieux vaut mal me conduire, au moins je saurai pourquoi on me punit. »

Continuons notre lecture :

Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, Et leur corps est chargé d’embonpoint ; Ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, Ils ne sont point frappés comme le reste des hommes. Aussi l’orgueil leur sert de collier, La violence est le vêtement qui les enveloppe ; L’iniquité sort de leurs entrailles, Les pensées de leur cœur se font jour. Ils raillent, et parlent méchamment d’opprimer ; Ils profèrent des discours hautains, Ils élèvent leur bouche jusqu’aux cieux, Et leur langue se promène sur la terre. Voilà pourquoi son peuple se tourne de leur côté, Il avale l’eau abondamment, Et il dit : Comment

Dieu saurait-il, Comment le Très-Haut connaîtrait-il ? Ainsi sont les méchants : Toujours heureux, ils accroissent leurs richesses.

Vs 4/12

Oui, les méchants sont heureux, mais qu’est-ce donc que le bonheur ? Posséder des biens terrestres, une belle maison, une belle voiture, n’être jamais à découvert en fin de mois ? Est-ce ça le bonheur ? Il est écrit : « leur ventre est chargé d’embonpoint ». De nos jours, quand on a de l’embonpoint, on téléphone à Comme j’aime pour perdre de la brioche, mais dans les temps bibliques, un bon petit ventre rond prouvait qu’on était en bénédiction, c’est-à-dire bien nourri. C’était le cas de Daniel et de ses compagnons (Daniel 1.15). Malgré leur régime végétarien, ils étaient en bon point, en bonne santé.

Nous lisons au verset 8 qu’ils profèrent des discours hautains. Nous en avons un exemple en la personne de Rabshaké, porte-parole du roi d’Assyrie :

Alors Rabschaké, s’étant avancé, cria à haute voix en langue judaïque, et dit : Écoutez la parole du grand roi, du roi d’Assyrie ! Ainsi parle le roi : Qu’Ézéchias ne vous abuse point, car il ne pourra vous délivrer de ma main. Qu’Ézéchias ne vous amène point à vous confier en l’Éternel, en disant : L’Éternel nous délivrera, et cette ville ne sera pas livrée entre les mains du roi d’Assyrie. N’écoutez point Ézéchias ; car ainsi parle le roi d’Assyrie : Faites la paix avec moi, rendez-vous à moi, et chacun de vous mangera de sa vigne et de son figuier, et chacun boira de l’eau de sa citerne, jusqu’à ce que je vienne, et que je vous emmène dans un pays comme le vôtre, dans un pays de blé et de vin, un pays de pain et de vignes, un pays d’oliviers à huile et de miel, et vous vivrez et vous ne mourrez point. N’écoutez donc point Ézéchias ; car il pourrait vous séduire en disant : L’Éternel nous délivrera. Les dieux des nations ont-ils délivré chacun son pays de la main du roi d’Assyrie ? Où sont les dieux de Hamath et d’Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm, d’Héna et d’Ivva ? Ont-ils délivré Samarie de ma main ? Parmi tous les dieux de ces pays, quels sont ceux qui ont délivré leur pays de ma main, pour que l’Éternel délivre Jérusalem de ma main ? Le peuple se tut, et ne lui répondit pas un mot ; car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas.

2Rois 18.28/36

Voyez l’arrogance de ce roi qui se croit plus puissant que Dieu. Le livre de Daniel nous parle d’une bouche pleine d’arrogance, c’est la bouche de l’Antichrist. Le chapitre 13 de l’Apocalypse nous dévoile la personnalité de ce tyran, cette bête qui monte de la mer, le front couronné de blasphèmes.

Et il se tint sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort ; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête ; ils adorèrent la bête, en disant : Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé.

Apocalypse 13.1/8

L’Histoire ne manque pas d’hommes qui se sont crus plus forts que Dieu ; Adolf Hitler n’a-t-il pas déclaré : « Ce que le Christ a entrepris, moi, je l’accomplirai » ? Quelle arrogance ! Quelle folie !

Au verset onze de notre psaume, le méchant déclare : « Comment Dieu saurait-il ? »

Et il me dit : Fils de l’homme, vois-tu ce que font dans les ténèbres les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre pleine de figures ? Car ils disent : L’Éternel ne nous voit pas, l’Éternel a abandonné le pays.

Ézéchiel 8.12

Un de mes collègues, qui avait séjourné au Cambodge ou au Laos, nous disait que, dans ce pays, la religion interdisait les jeux de hasard. Quand les gens voulaient se faire un poker, ils jouaient sous un arbre ou sous un parasol. Ainsi, pensaient-ils, Bouddha ne voit pas ce qu’ils font. Dans le même ordre d’idée, et dans notre monde judéo-chrétien, certains ont cru autrefois qu’il suffisait de remplacer « Dieu » par « bleu », pour pouvoir invoquer son nom en vain lorsqu’on se donne un coup de marteau sur les doigts : « sacrebleu ! » Ils s’imaginaient que Dieu n’aurait pas compris qu’on parlât de lui. Ces jurons dits anodins ne le sont donc pas tant que cela.

Notre poète et chanteur, Asaph, se plaint non seulement de ce que les méchants triomphent, mais pire encore, de ce que les justes sont outragés. Si seulement les justes prospéraient autant que les méchants, ce serait pour lui un moindre mal.

C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, Et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence : Chaque jour je suis frappé, Tous les matins mon châtiment est là. Si je disais : Je veux parler comme eux, Voici, je trahirais la race de tes enfants.

Psaume 73.13/15

On pouvait s’indigner de voir les faux prophètes en honneur. J’invite tous les chrétiens qui se proclament prophètes pour se glorifier eux-mêmes, à étudier de près la vie des prophètes d’autrefois. S’ils devaient subir ce qu’ont subi Jérémie ou Ézéchiel, ils y regarderaient à deux fois avant de faire imprimer leurs cartes de visite. Un jour, l’Éternel dira, en substance, à Ézéchiel : « Ta femme va mourir, je sais que tu l’aimes, mais tu feras comme si tu ne l’aimais pas et je t’interdis d’aller à son enterrement. »

Fils de l’homme, voici, je t’enlève par une mort soudaine ce qui fait les délices de tes yeux. Tu ne te lamenteras point, tu ne pleureras point, et tes larmes ne couleront pas. Soupire en silence, ne prends pas le deuil des morts, attache ton turban, mets ta chaussure à tes pieds, ne te couvre pas la barbe, et ne mange pas le pain des autres. J’avais parlé au peuple le matin, et ma femme mourut le soir. Le lendemain matin, je fis ce qui m’avait été ordonné. Le peuple me dit : Ne nous expliqueras-tu pas ce que signifie pour nous ce que tu fais ? Je leur répondis : La parole de l’Éternel m’a été adressée, en ces mots : Dis à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Voici, je vais profaner mon sanctuaire, l’orgueil de votre force, les délices de vos yeux, l’objet de votre amour ; et vos fils et vos filles que vous avez laissés tomberont par l’épée. Vous ferez alors comme j’ai fait. Vous ne vous couvrirez pas la barbe, vous ne mangerez pas le pain des autres, vous aurez vos turbans sur la tête et vos chaussures aux pieds, vous ne vous lamenterez pas et vous ne pleurerez pas ; mais vous serez frappés de langueur pour vos iniquités, et vous gémirez entre vous. Ézéchiel sera pour vous un signe. (24-24) Vous ferez entièrement comme il a fait. Et quand ces choses arriveront, vous saurez que je suis le Seigneur, l’Éternel.

Ézéchiel 24.16/24

C’est cela, le ministère de prophète.

Les prophètes prophétisent avec fausseté, Les sacrificateurs dominent sous leur conduite, Et mon peuple prend plaisir à cela. Que ferez-vous à la fin ?

Jérémie 5.31

Parlons justement du ministère de Jérémie. Souvenez-vous comme il a été humilié par le faux prophète Hanania. Si encore cet incident s’était produit en privé ! Mais en présence de tout le peuple et devant les sacrificateurs !

Jérémie porte un joug de bois pour annoncer qu’Israël, à cause de sa désobéissance, sera réduit en esclavage ; mais voilà qu’Hanania enlève le joug de son cou et le brise sur son genou. Et il proclame :

« Ainsi parle l’Éternel, moi, je briserai je joug de mon peuple. »

Et tout le monde applaudit Hanania. Et Jérémie s’en va la tête basse, sous les huées. Le prophète accepte cette terrible humiliation parce qu’il sait qu’il agit au nom du Seigneur.

Dans la même année, au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda, le cinquième mois de la quatrième année, Hanania, fils d’Azzur, prophète, de Gabaon, me dit dans la maison de l’Éternel, en présence des sacrificateurs et de tout le peuple : Ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Je brise le joug du roi de Babylone ! Encore deux années, et je fais revenir dans ce lieu tous les ustensiles de la maison de l’Éternel, que Nebucadnetsar, roi de Babylone, a enlevés de ce lieu, et qu’il a emportés à Babylone. Et je ferai revenir dans ce lieu, dit l’Éternel, Jéconia, fils de Jojakim, roi de Juda, et tous les captifs de Juda, qui sont allés à Babylone ; car je briserai le joug du roi de Babylone. Jérémie, le prophète, répondit à Hanania, le prophète, en présence des sacrificateurs et de tout le peuple qui se tenaient dans la maison de l’Éternel. Jérémie, le prophète, dit : Amen ! que l’Éternel fasse ainsi ! que l’Éternel accomplisse les paroles que tu as prophétisées, et qu’il fasse revenir de Babylone en ce lieu les ustensiles de la maison de l’Éternel et tous les captifs ! Seulement, écoute cette parole que je prononce à tes oreilles et aux oreilles de tout le peuple : Les prophètes qui ont paru avant moi et avant toi, dès les temps anciens, ont prophétisé contre des pays puissants et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste ; mais si un prophète prophétise la paix, c’est par l’accomplissement de ce qu’il prophétise qu’il sera reconnu comme véritablement envoyé par l’Éternel. Alors Hanania, le prophète, enleva le joug de dessus le cou de Jérémie, le prophète, et il le brisa. Et Hanania dit en présence de tout le peuple : Ainsi parle l’Éternel : C’est ainsi que, dans deux années, je briserai de dessus le cou de toutes les nations le joug de Nebucadnetsar, roi de Babylone. Et Jérémie, le prophète, s’en alla.

Jérémie 28.1/11

Jérémie est outragé par les hommes et son Maître va l’appeler de nouveau :

Retourne où tu es allé, et porte de nouveau un joug, mais cette fois-ci, ce sera un joug de fer, et si Hanania revient faire le même numéro, tout ce qu’il va y gagner, c’est une bonne fracture du genou.

Et le prophète revient avec la même prophétie, et il ajoute :

« Et toi, Hanania, parce que tu t’es moqué de Dieu et que tu as outragé son prophète, tu mourras dans un an. »

C’est ce qui s’est produit, et tout le peuple a pu savoir lequel de ces deux hommes prophétisait la vérité.

L’apôtre Paul, lui aussi a été outragé à cause de son zèle à servir Christ.

La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville ; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire. Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Icone, tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit.

Actes 13.49/52

Au verset 13 de notre Psaume, Asaph, découragé, dit en substance :

« Cela ne sert à rien de servir l’Éternel. »

« C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, Et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence. »

Et voici par la parole de Malachie, la réponse de Dieu a telle objection :

Vos paroles sont rudes contre moi, dit l’Éternel. Et vous dites : Qu’avons-nous dit contre toi ? Vous avez dit : C’est en vain que l’on sert Dieu ; Qu’avons-nous gagné à observer ses préceptes, Et à marcher avec tristesse À cause de l’Éternel des armées ? Maintenant nous estimons heureux les hautains ; Oui, les méchants prospèrent ; Oui, ils tentent Dieu, et ils échappent ! Alors ceux qui craignent l’Éternel se parlèrent l’un à l’autre ; L’Éternel fut attentif, et il écouta ; Et un livre de souvenir fut écrit devant lui Pour ceux qui craignent l’Éternel Et qui honorent son nom. Ils seront à moi, dit l’Éternel des armées, Ils m’appartiendront, au jour que je prépare ; J’aurai compassion d’eux, Comme un homme a compassion de son fils qui le sert. Et vous verrez de nouveau la différence Entre le juste et le méchant, Entre celui qui sert Dieu Et celui qui ne le sert pas. Car voici, le jour vient, Ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume ; Le jour qui vient les embrasera, Dit l’Éternel des armées, Il ne leur laissera ni racine ni rameau. Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera Le soleil de la justice, Et la guérison sera sous ses ailes ; Vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable, Et vous foulerez les méchants, Car ils seront comme de la cendre Sous la plante de vos pieds, Au jour que je prépare, Dit l’Éternel des armées.

Malachie 3.13/4.3

Le soleil de justice dont il est question au verset 2, c’est Jésus, bien entendu. Lui seul pourra nous justifier.

Continuons notre lecture :

Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, La difficulté fut grande à mes yeux, Jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, Et que j’eusse pris garde au sort final des méchants. Oui, tu les places sur des voies glissantes, Tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi ! en un instant les voilà détruits ! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine ! Comme un songe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image. Lorsque mon cœur s’aigrissait, Et que je me sentais percé dans les entrailles, J’étais stupide et sans intelligence, J’étais à ton égard comme les bêtes.

Psaume 73.16/22

Lorsque le psalmiste se décide à pénétrer dans le sanctuaire, c’est-à-dire entrer dans la présence divine, sa vision s’éclaircit enfin. Il commence à comprendre le dessein de Dieu.

Un autre prophète a connu ces moments de doute, c’est Habakuk.

Oracle révélé à Habakuk, le prophète. Jusqu’à quand, ô Éternel ? … J’ai crié, Et tu n’écoutes pas ! J’ai crié vers toi à la violence, Et tu ne secours pas ! Pourquoi me fais-tu voir l’iniquité, Et contemples-tu l’injustice ? Pourquoi l’oppression et la violence sont-elles devant moi ? Il y a des querelles, et la discorde s’élève. Aussi la loi n’a point de vie, La justice n’a point de force ; Car le méchant triomphe du juste, Et l’on rend des jugements iniques.

Habakuk 1.1/4

Job, au contraire, dans le malheur, continue à bénir l’Éternel et lui faire confiance.

Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu.

Job 1.20/22

Voici la réponse de l’Éternel. Quand on l’accuse, il a le droit de se défendre :

Oui, tu les places sur des voies glissantes, Tu les fais tomber et les mets en ruines. Eh quoi ! en un instant les voilà détruits ! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine ! Comme un songe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image.

Psaume 73.18/20

Voilà le sort du méchant. Voilà le sort de celui qui te persécute. Voilà le sort de ton collègue qui te harcèle et se moque de toi parce que tu es chrétien. Voilà le sort de celui qui a profité de ta bonté pour te tromper. Voilà le sort de celui qui t’a poignardé dans le dos. Voilà le sort de celui qui blasphème continuellement ; voilà le sort du politicien corrompu qui fait voter des lois permettant aux riches d’être encore plus riches et qui rendent les pauvres encore plus pauvres. Et Dieu permet à ces jugements d’être visibles aux yeux du monde. Voyons l’exemple d’Hérode :

À un jour fixé, Hérode, revêtu de ses habits royaux, et assis sur son trône, les harangua publiquement. Le peuple s’écria : Voix d’un dieu, et non d’un homme ! Au même instant, un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu. Et il expira, rongé des vers. Cependant la parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait.

Actes 12.21/24

Les asticots n’ont pas attendu ses funérailles pour se repaître de sa chair. C’est une maladie très rare, et c’est aussi un jugement divin. Un certain Galérius fut frappé du même mal. C’était un ministre de l’empereur Dioclétien, lequel était, au début de son règne, plutôt favorable au christianisme, mais le valet a mis une telle pression sur son maître, qu’il a provoqué la plus terrible persécution de l’Histoire romaine. Maladie horrible ! On ne se moque pas de Dieu.

Allons plus loin.

N’avons-nous pas, quelquefois, l’impression d’être comme Lazare qui ramassait les miettes ? Nous ramassons les miettes sous la table des puissants, et pourtant, nous sommes heureux.

Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.

Luc 16.22/28

Nous venons de voir ce que Dieu réserve aux méchants, voyons maintenant ce qu’il a en réserve pour les Justes.     

L’Ecclésiaste est un livre particulier : ce n’est pas un livre d’enseignement, c’est plutôt un livre de philosophie, mais il conduit à la conclusion qu’en dehors de la foi, tout est vanité et poursuite du vent. Il serait donc dangereux de fonder une doctrine sur cette base. Nous pouvons cependant être édifiés par cette pensée de Salomon :

J’ai vu tout cela, et j’ai appliqué mon cœur à tout ce qui se fait sous le soleil. Il y a un temps où l’homme domine sur l’homme pour le rendre malheureux. Alors j’ai vu des méchants recevoir la sépulture et entrer dans leur repos, et ceux qui avaient agi avec droiture s’en aller loin du lieu saint et être oubliés dans la ville. C’est encore là une vanité. Parce qu’une sentence contre les mauvaises actions ne s’exécute pas promptement, le cœur des fils de l’homme se remplit en eux du désir de faire le mal. Cependant, quoique le pécheur fasse cent fois le mal et qu’il y persévère longtemps, je sais aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils ont de la crainte devant lui. Mais le bonheur n’est pas pour le méchant, et il ne prolongera point ses jours, pas plus que l’ombre, parce qu’il n’a pas de la crainte devant Dieu.

Ecclésiaste 8.9/13

La crainte de Dieu ! Pour être prédicateur, il faut une bonne connaissance de la Bible, bien entendu, mais posséder la crainte de Dieu, c’est au moins aussi important. Quand je suis entré pour la première fois dans une église, le prédicateur prêchait sur Jacques 3.1 :

Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement.

Ayant lu ce verset, il ajouta :

« Quand je lis ces paroles : je tremble. »

Revenons à Habakuk, ce prophète abattu dont nous avons parlé. Dans son découragement, il interroge le Seigneur, et voici la réponse divine :

« Le juste vivra par la foi »

Habakuk 2.4

Et voilà notre prophète gonflé à bloc !

Le juste vivra par la foi ! Même outragé, même humilié, même persécuté, même pauvre. Ce qui lui procure le bonheur, c’est de s’approcher de Dieu.

Ainsi se conclut notre Psaume73 :

Cependant je suis toujours avec toi, Tu m’as saisi la main droite ; Tu me conduiras par ton conseil, Puis tu me recevras dans la gloire. Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. Car voici, ceux qui s’éloignent de toi périssent ; Tu anéantis tous ceux qui te sont infidèles. Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur, l’Éternel, Afin de raconter toutes tes œuvres.

Vs 53/28

Lisons aussi ce que dit Pierre :

Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction. Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie Et voir des jours heureux, Qu’il préserve sa langue du mal Et ses lèvres des paroles trompeuses, Qu’il s’éloigne du mal et fasse le bien, Qu’il recherche la paix et la poursuive ; Car les yeux du Seigneur sont sur les justes Et ses oreilles sont attentives à leur prière, Mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal. Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? D’ailleurs, quand vous souffririez pour la justice, vous seriez heureux. N’ayez d’eux aucune crainte, et ne soyez pas troublés ; Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, et ayant une bonne conscience, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion. Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal. Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit.

1 Pierre 3.8/18

Pierre nous rappelle avec raison que nos peines sont une manière de témoigner de la puissance de l’Évangile. Qu’est-ce que les moqueries que nous subissons, qu’est-ce que nos difficultés du quotidien, qu’est-ce que nos chagrins comparés à ce que Jésus a enduré sur la croix ? La mort de Jésus est le plus bel exemple de l’apparent triomphe des méchants. Ils se sont bien gaussés des souffrances du Sauveur :

« Qu’il descende de sa croix ! Qu’il se sauve lui-même et qu’il nous sauve ! »

Mais quand Jésus a dit : « tout est accompli ! », quand les ténèbres sont tombées, quand les tombeaux se sont ouverts, quand le voile du temple a été déchiré par une main invisible, celle de Dieu, les rieurs ne riaient plus, les moqueurs ne se moquaient plus, les persifleurs ne persiflaient plus. Le centurion chargé du service d’ordre s’est écrié :

« Cet homme était vraiment le Fils de Dieu ! »

Marc 15.39

Jésus revient bientôt. Soyons prêts

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© 2021 Lilianof

Publié par Lilianof

J’avais quatorze ans lorsque m’est venu le désir de devenir écrivain. Mais après l’adolescence, j’ai décidé de ne plus écrire. Ce n’est qu’après trente ans de silence que m’est venue l’idée d’une très courte comédie : « Un drôle d’héritage ». C’était reparti ! Après avoir été facteur dans l’Eure-et-Loir, je suis installé, depuis 2013, à Vieux-Condé, où je retrouve mes racines, étant petit-fils de mineur. La Bible et Molière sont mes livres de chevet.

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